Par

Beauté

L’impératif beauté : et si on arrêtait de jouer à ce jeu ?

Crédit: pexels- Anna Shvetsa

Entre nous, combien de fois avez-vous scruté votre reflet dans un miroir, en cherchant ce qui cloche ? Je vous confie un secret : le problème n’a jamais été votre visage. C’est le regard qu’on vous a appris à porter sur lui.

Rentrer dans un moule

Je ne sais pas vous, mais moi, j’en ai marre. Marre de ce petit juge intérieur qui compare, évalue, condamne. Vous le connaissez, ce juge ? Il a la voix de toutes ces publicités, de ces magazines qu’on feuilletait ado, de ces remarques glissées « pour notre bien ». Il nous a appris qu’être belle, c’était rentrer dans un moule. Le moule. Vous savez quoi ? Ce moule, il ne nous a jamais appartenu.

Cette guerre déclarée contre nos boucles serrées

Crédit : pexels -Waldir Évora

La semaine dernière, j’étais dans un salon de coiffure pour me faire tresser les cheveux. L’ambiance était paisible, une jolie musique en fond sonore. J’aime observer, écouter, regarder les gens. Il y avait cette femme – forte, grande, dégageant un charisme fou, une autorité naturelle. Le genre de présence qui remplit une pièce. Elle se faisait boucler les cheveux au fer. Dehors, il pleuvait légèrement. Je me suis dit que sa coiffure tiendrait à peine une heure avec cette humidité.

Et puis elle a parlé. À voix haute, comme une justification à la cantonade : « Je n’aime pas mes cheveux. Ils ne sont pas beaux. Je ne sais pas comment les entretenir. Trop compliqué, trop de boulot. »

Ses mots sont tombés comme un couperet. Cette femme magnifique, imposante, rayonnante… condamnait une partie d’elle-même. Et le pire ? Ce n’était pas la première fois que j’entendais ça. Ces mots, je les ai entendus dans la bouche de tant de sisters. Cette guerre déclarée contre nos frisures, contre nos boucles serrées, ces cheveux qu’on cache sous des perruques ou des tissages plutôt que d’accepter ce cadeau de la nature. Comme si la texture de nos cheveux était une punition à corriger.

C’est ça, le vrai drame. Pendant des années, on nous a vendu l’idée qu’il existait une bonne façon d’être. La bonne taille. La bonne texture de cheveux. Le bon rythme de vieillissement. Et on a essayé, n’est-ce pas ? On a acheté les crèmes, suivi les régimes, lissé ce qui frisait, caché ce qui marquait. Parce qu’on pensait que c’était ça, s’aimer : se corriger.

Votre signature vaut mieux que leur moule

Crédit: pexels- Dziana Hasanbekava 
Un modèle unique qui nous rend invisible. Crédit: Dziana Hasanbekava 

 

Sauf que voilà, j’ai compris quelque chose. Ce modèle unique ne nous rend pas belles. Il nous rend invisibles. Il efface tout ce qui fait qu’en vous croisant dans la rue, on se retourne. Pas parce que vous ressemblez à quelqu’un d’autre, mais parce que vous ne ressemblez qu’à vous.

La révolution que j’attends ? Elle ne viendra pas d’un nouveau diktat « body positive » qui remplacerait l’ancien. Elle est déjà là, dans votre miroir. Dans ces fossettes qui creusent votre sourire. Dans cette mèche qui refuse obstinément de rester en place. Dans ces marques sur votre peau qui racontent vos étés, vos grossesses, votre vie. Ce n’est pas du contenu à gommer. C’est votre signature.

Alors je vous le demande : et si on arrêtait ? Et si, au lieu de chercher à correspondre, on choisissait simplement d’exister ?

Ces choses qu’on vous a appris à détester

Ne pas traquer ses »défauts », mais découvrir et aimer ses détails. Maillot : Curvy Kate

Ce soir, faites quelque chose pour moi, non, plutôt pour vous. Regardez-vous vraiment. Pas pour traquer vos « défauts », mais pour découvrir vos détails.  Et les aimer. Vraiment. Trouvez trois choses qu’on vous a appris à détester. Cette cicatrice. Ces rides du sourire. Des cuisses enrobées, des poignées d’amour.  Ce grain de beauté mal placé. Ou ces cheveux qu’on vous a dit « difficiles ».

Maintenant, racontez-leur une autre histoire. Parce qu’elles ne sont pas des erreurs du système. Elles sont la preuve que vous avez vécu, ri, survécu. Elles sont vous.

Et puis, si le cœur vous en dit, appelez cette amie qui, elle aussi, se trouve « trop » quelque chose. Dites-lui ce que vous trouvez beau chez elle. Vraiment beau. Pas malgré, mais grâce à. On a besoin de ça, de se rappeler mutuellement qu’on est bien plus intéressantes que parfaites.

 

 

abonnement_pub_brune-magazine

Vous aimerez aussi