In between, l’art subtil de naviguer entre deux saisons

Brune
DE
8 Min Lecture
La tête en vacances, les pieds au travail. Photo: Pexels

À la croisée des jours, entre vacances et rentrée, s’installe une période flottante où style, beauté et esprit cherchent leur juste équilibre.

Soyons honnêtes : la fin août et le tout début septembre, c’est un peu comme ce moment gênant où la playlist de soirée passe brutalement d’un son afrobeat à une balade nostalgique de Céline Dion. On ne sait plus trop si l’on doit continuer à danser, s’asseoir ou aller chercher un verre. Côté météo, le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Côté agenda, nos mails hurlent “urgence” tandis que notre esprit flotte encore sur une plage d’Essaouira, de Grand Lahou ou de Kribi. Ce fameux “in between”, cet entre-deux saisons, c’est une zone tampon qui a tout d’un oxymore : accélération du rythme extérieur, ralentissement intérieur. Et nous, femmes modernes, devons improviser. Trouver notre propre tempo, notre propre style.

Beauté : minimalisme, mais avec un certain twist

Ce moment minimaliste valorise l’éclat naturel, les sous-tons chauds. Crédit: Ransford Quaye
Durant les vacances, on a brillé. Littéralement. Entre highlighter, fards solaires et huiles scintillantes, on aurait presque pu concurrencer une boule à facettes. Mais en septembre, on baisse d’un ton. Pas question de devenir terne, mais il est temps de laisser respirer sa peau. Le maquillage de l’entre-deux saisons, c’est la slow beauty appliquée au quotidien :
  • Un teint hydraté, lumineux, mais jamais plâtré. (On veut qu’on voie la peau, pas le fond de teint).
  • Un baume teinté ou un rouge discret, histoire de dire “oui, je suis sérieuse”, mais sans crier “je sors du board meeting de Wall Street”.
  • Une touche de mascara, l’arme fatale qui sauve tout, même un lundi matin gris.
Et pour nous, femmes noires et métissées, c’est une bénédiction. Ce moment minimaliste valorise l’éclat naturel, les sous-tons chauds, la peau qui garde encore l’empreinte dorée du soleil. C’est un peu comme prolonger les vacances sans avoir besoin de billet d’avion. Petit secret : si vous avez encore votre huile de coco ou votre beurre de karité rapporté du village, c’est le moment de les sortir. Pas pour briller, mais pour nourrir et apaiser. L’entre-deux, c’est aussi prendre soin sans surcharger.

Ni robe de plage, ni veste cintrée

Chemise et jean. MATALAN
Parlons peu, parlons vestiaire. Le vrai casse-tête du “in between” ? S’habiller sans avoir l’air déguisée, ni trop encore en vacances et un peu quand même beaucoup au boulot. Trop estivale, on vous prendra pour une touriste perdue à Paris. Trop automnale, on vous reprochera de faire la promo d’une pub pour le chauffage central. Alors, que fait-on ? On compose. Avec intelligence, et un brin de culot.
  • La robe fluide de l’été ? On la sauve en ajoutant une veste légère ou un blazer clair.
  • Les sandales ? Encore possibles, mais accompagnées d’un foulard ou d’un trench fin.
  • Les jeans et pantalons larges ? Parfaits pour jouer la carte du confort chic. Ajoutez un top monochrome, et le tour est joué.
Bref, c’est la saison du casual chic. Ni trop sérieux, ni trop décontracté. Un peu comme quand on rit à une réunion de travail : assez pour détendre l’ambiance, pas assez pour se faire convoquer par la RH. Et pour celles qui aiment l’afro-style, osez les accessoires. Un pagne détourné en turban, un bijou ethnique qui réveille un look monochrome : le détail fait toute la différence.

Esprit : résister à la précipitation

Plongez dans vos rêves. Robe DESIGUAL
Soyons claires : le plus grand défi de cette saison sans nom n’est pas dans l’armoire, mais dans la tête. Comment conserver le calme, la sérénité, les soirées sans réveil programmé… alors que la machine sociale et professionnelle s’emballe déjà à toute vitesse ? Ici, trois règles simples valent de l’or :
  1. Respirer avant d’agir. Une petite respiration consciente avant d’ouvrir sa boîte mail. (Oui, même quand la notif rouge clignote comme une alarme incendie).
  2. Alléger ses listes. Inutile de cocher quinze tâches dès le premier lundi. On vise trois priorités par jour. Trois, pas trente.
  3. Garder des bulles d’été. Un café en terrasse, une soirée légère, un déjeuner dehors. L’été n’est pas une date, c’est une sensation.
Et souvenons-nous : ralentir n’est pas échouer, c’est survivre élégamment.

Le rythme comme héritage

Ce sujet du rythme a une résonance particulière pour nous. Afro-descendantes, nous avons grandi dans des environnements où il fallait prouver, performer, exceller. Être toujours prêtes, impeccables, efficaces. Mais l’entre-deux nous offre une leçon précieuse : ralentir sans s’arrêter. Comme dans les traditions de soins africains, où l’on masse le corps avec des huiles, non pas pour courir, mais pour régénérer. Cette période est un rappel que la douceur est une force, que le temps lent n’est pas un luxe, mais une sagesse.   Au fond, ce “in between” saisonnier est plus qu’une affaire de maquillage ou de vestiaire. C’est une métaphore de nos vies. Nous sommes en permanence entre plusieurs états : entre détente et action, entre intimité et représentation, entre la femme solaire et la professionnelle concentrée. Cette période nous invite à apprivoiser le flou, à aimer les marges, à faire confiance aux transitions. Plutôt que de subir, faisons de cet entre-deux une esthétique, une philosophie. Un moment pour avancer, sans renoncer à ce qui nous apaise.

Cultiver l’art de l’entre-deux

Des rires, une tasse de thé et des amies précieuses. Crédit BRUNE STUDIO-IA
Des rires, une tasse de thé et des amies précieuses. Crédit BRUNE STUDIO-IA
Entre obligations et envies, entre métro et souvenir de sable chaud, se niche une beauté discrète. L’entre-deux n’est pas un accident du calendrier, c’est un laboratoire. On y expérimente le style hybride, la beauté minimaliste, l’esprit ralenti mais lucide. Alors, la prochaine fois que vous vous demanderez “robe d’été ou veste d’automne ?”, souvenez-vous : le secret n’est pas de choisir, mais de combiner. Parce que la vraie élégance et une certaine liberté créative, c’est ça après tout : être capable de jongler entre deux mondes, deux saisons, deux états d’esprit. Avec grâce, avec humour, et avec cette petite audace qui fait toute la différence.      
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