Les têtes chauves s’imposent, la diversité reste évincée.
Plus de 70 % des mannequins noires engagées par les marques de mode et beauté occidentales sont aujourd’hui chauves ou arborent des cheveux ultra-courts. À titre de comparaison, seules 1,25 % des mannequins blanches adoptent ce style. Ce chiffre interpelle, surtout lorsque l’on sait que le capillaire est le premier poste de dépense esthétique des femmes noires dans le monde. Cette dissonance entre les visuels valorisés par l’industrie de la mode et le vécu esthétique des femmes afro-descendantes mérite une lecture critique.
Une diversité effacée au nom de l’esthétique
Les marques occidentales tendent à imposer une représentation univoque de la beauté noire : teint très foncé, crâne rasé ou cheveux très courts, type soudanais. Cette uniformisation gomme la pluralité des phénotypes noirs et invisibilise les autres nuances de peau et de textures capillaires. Ce biais — qu’on peut rattacher à une forme de colorisme — peut aussi s’expliquer par une réaction tardive : pour compenser des décennies d’absence de diversité sur les podiums, les marques semblent survaloriser une figure unique, presque stéréotypée.
Et Naomi Campbell reste l’exception, la seule “autorisée” à arborer des extensions longues et sophistiquées, soulignant ainsi que la norme dominante pour les autres mannequins noires reste la coupe rase.
Une gestion logistique ou une forme d’effacement ?
Comme le rappelle l’article Black Hair Matters paru en 2020 dans le journal britannique Guardian, les cheveux afro ont souvent été perçus comme problématiques, non professionnels, ou inappropriés. Ce rejet a mené à des exclusions, des interdits, et une sous-représentation dans les espaces publics et professionnels. Sur les podiums, cette perception semble perdurer : peu de coiffeurs savent ou veulent travailler les textures afro. Résultat ? Pour “simplifier” les coulisses, on opte pour le crâne rasé. L’effacement devient la solution à un manque de compétence, de volonté… ou d’écoute. Aujourd’hui, pour voir cette pluralité des styles capillaires, il faut se rendre sur le continent africain où les créateurs locaux embrassent cette diversité avec passion et reconnaissance.

Et vous ?
Comment percevez-vous cette omniprésence des mannequins noires chauves dans la mode ?
Vous sentez-vous représentée ? Est-ce pour vous une esthétique forte ou un raccourci problématique ?
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