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Ayo Edebiri, nouvelle égérie Chanel

Ayo Adebiri, nouvelle ambassadrice Chanel. Crédit: Chanel
Ayo Adebiri nouvelle ambassadrice Chanel. Crédit: Chanel

Dernière maison à défiler pour la Fashion Week Printemps-Été 2026 à Paris, Chanel surprend en annonçant Ayo Edebiri, actrice et autrice audacieuse, comme nouvelle ambassadrice de la marque.

Née en 1995 à Boston, Ayo Edebiri grandit entre un père nigérian et une mère barbadienne, dans une Amérique où la créativité devient parfois un acte de survie. Son prénom qui signifie « joie » ou « bonheur » en yoruba, est une promesse lumineuse que la jeune femme semble porter à chaque étape de son parcours.
Formée à l’Université de New York, elle s’oriente vers la comédie et l’écriture après un parcours académique d’abord tourné vers l’enseignement. Son humour fin et sa lucidité lui ouvrent les portes des scènes d’improvisation, puis celles des séries 
Big Mouth et Dickinson, où elle brille autant comme scénariste que comme actrice.

C’est la série The Bear, « L’ours » diffusée sur FX/Hulu (et sur Disney+ en France), qui propulse sa notoriété mondiale. Elle y incarne Sydney Adamu, jeune cheffe perfectionniste, visionnaire et vulnérable, à l’image d’une génération de femmes qui ne s’en laissent pas compter et refusent de baisser les yeux. Son interprétation, pleine de tension et d’humanité, lui vaut un Golden Globe, un Emmy et un SAG Award, consacrant son talent pluriel. « Je ne pense pas à la célébrité, je pense à ce que je dis. Si cela résonne chez les autres, c’est que j’ai bien fait mon travail. » expliquait la comédienne dans une interview au magazine Vanity Fair, en mars dernier.

L’anti-bling du luxe : pourquoi Chanel a choisi Ayo ?

Alors que les maisons de luxe rivalisent de collaborations avec les stars de la musique, Pharrell Williams chez Louis Vuitton, Rihanna pour Fenty x LVMH, A$AP Rocky ou Rosalía pour Gucci, Chanel continue de suivre sa propre voie : celle du cinéma, de la littérature et du dialogue intérieur.

Sous l’impulsion de Matthieu Blazy, nouveau directeur artistique, la maison choisit Ayo Edebiri pour incarner un autre tempo du prestige : celui du charisme tranquille. « Ayo est une femme de force, mais aussi d’une vulnérabilité qui lui permet de toujours se livrer pleinement. Elle écrit, elle joue, elle réalise… rien ne peut l’arrêter. J’admire son audace, sa beauté, son intelligence et le soin qu’elle met dans le choix de ses projets artistiques. Elle fait tout cela en restant incroyablement bienveillante et pleine d’esprit, avec le plus chaleureux des sourires », a déclaré sous le charme le nouveau chef d’orchestre de la mode Chanel.

Ayo rejoint ainsi le cercle très fermé des ambassadrices Chanel, aux côtés de  la star australienne Nicole Kidman, également nommée cette saison. Deux femmes, l’une trentenaire, l’autre bientôt sexagénaire, deux univers ,la comédie dramatique et le glamour cinématographique ,réunis sous un même signe : celui d’une élégance intemporelle, intelligente et plurielle.

La lignée discrète des égéries noires

Mais, avant Ayo Edebiri, plusieurs Afro-descendantes ont marqué l’histoire contemporaine de Chanel, chacune à sa manière, dans un geste d’ouverture, lent, mais progressif :

  • Willow Smith, annoncée par Karl Lagerfeld en mars 2016, devient ambassadrice mode et prête son visage à la campagne Eyewear FW 2016/17.
  • Selah Marley, fille de Lauryn Hill et petite-fille de Bob Marley, s’affiche comme l’ambassadrice du parfum Chance en janvier 2018, incarnant la légèreté et la modernité de la Gen Z.
  • Whitney Peak, choisie en 2021 comme ambassadrice maison, est promue en février 2023 “first Black fragrance ambassador” pour Coco Mademoiselle, marquant une étape dans la communication de la maison
  • Enfin, Lupita Nyong’o, kenyane, mexicaine américaine, nommée global brand ambassador en octobre 2024, incarne aujourd’hui encore la puissance narrative et l’élégance intellectuelle de la marque.

Ayo s’inscrit dans cette lignée, mais avec une différence subtile : son image ne s’ancre ni dans la mode pure ni dans la beauté seule ,elle symbolise le dialogue entre création, pensée et représentation.

Inclusivité, élégance et résistance

Dans un monde où les nationalismes et les discours de rejet se durcissent, les maisons de luxe s’érigent, à pas feutrés, en bastions de dialogue et d’ouverture.
Dans le luxe, l’inclusivité n’est pas une revendication, mais une
attitude esthétique : elle reflète la complexité du monde, la diversité des regards, la beauté des nuances. En choisissant Ayo Edebiri, Chanel affirme sa volonté d’ancrer le luxe dans le réel ,dans la conscience d’une époque. La jeune actrice ne revendique rien, mais elle incarne tout : l’exigence, la grâce, la multiplicité.
Là où d’autres égéries séduisent par leur aura spectaculaire, Ayo impose une lumière intérieure, une élégance habitée qui parle à l’âme autant qu’à l’œil.

Un art du sens et du souffle

Collection Printemps été 2026 de Chanel

Le 6 octobre 2025, au Grand Palais à Paris, Chanel a présenté son très applaudi défilé Printemps-Été 2026, clôturant la Fashion Week. Ayo Edebiri y assistait comme nouvelle ambassadrice, aux côtés de Nicole Kidman, dans une mise en scène signée Matthieu Blazy, son premier grand rendez-vous à la tête de la maison. À contre-courant des effets d’annonce, Chanel choisit le murmure plutôt que le vacarme, l’intelligence plutôt que l’éblouissement.
Dans une époque saturée d’images et de slogans, 
Ayo Edebiri symbolise ce que le luxe devrait rester : un art du sens et du souffle. Un appel au « bonheur » dans le chaos ambiant.

 

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