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Marie-Emmanuelle Diamala, confession d’une tête couronnée

La jeune fille de Yop City est devenue la perle de Côte d’Ivoire.

Dans un café chic d’Abidjan, Marie-Emmanuelle Diamala dévoile une histoire de foi, de courage et d’engagement bien au-delà de la couronne.

Le soleil d’un après-midi de fin octobre caresse la piscine turquoise du Novotel Marcory, sur le boulevard Félix Houphouët-Boigny. La chaleur douce, autour de 29 °C , glisse dans l’air tandis qu’une brise légère ride l’eau. Installée à la terrasse du café du nouvel établissement hôtelier de la capitale ivoirienne, où se croisent femmes d’affaires, artistes et personnalités en vue, Marie-Emmanuelle Diamala s’accorde un moment de calme. À 22 ans, Miss Côte d’Ivoire 2024 rayonne d’une présence tranquille. Rien, dans sa voix posée ou dans son attitude discrète, ne trahit les tempêtes qu’elle a déjà traversées , ni la mission qu’elle s’est donnée.

Le drame intime qui a changé sa vie 

Lorsque la jeune Baoulé de Yopougon décide de se présenter au concours Miss Côte d’Ivoire 2024, ce n’est pas pour la lumière ni pour les caméras. C’est pour défendre une cause intime, profondément ancrée en elle. « Je voulais donner une voix à mes convictions et encourager d’autres jeunes filles à croire en leurs rêves », confie-t-elle, en regardant le soleil décliner sur Marcory.

Sa trajectoire s’est cristallisée autour d’un drame familial : la perte de sa cousine, décédée après un accouchement, faute d’équipements adaptés. Une blessure encore vive, qui a tracé la voie de son engagement contre la mortalité maternelle. Depuis son sacre, elle multiplie les rencontres avec des femmes enceintes, les sensibilise, les rassure, et insiste sur l’importance de la prévention et d’infrastructures hospitalières solides.

Très vite, sa réflexion s’est élargie : santé infantile, éducation des jeunes filles, transmission des connaissances. « Tout commence par la connaissance. Si mon parcours peut inspirer une jeune fille à développer une compétence utile à son pays, alors c’est une victoire. »

Une reine sans prétention mais de conviction.

Ce que personne ne voit derrière les paillettes 

Pour comprendre Marie-Emmanuelle, il faut revenir à ses racines. Elle a grandi à Yopougon, cette banlieue populaire au souffle créatif incomparable, où naissent les musiques les plus en vogue, les danses qui enflammeront demain les boîtes du Plateau, et les codes stylistiques qui feront vibrer tout Abidjan. C’est là, au cœur du Yop City bouillonnant, qu’elle découvre les premiers concours de beauté de quartier et un environnement où la débrouillardise, la solidarité et l’énergie culturelle façonnent les caractères.

De son éducation, elle garde un socle solide : l’amour du prochain, la foi, le respect, l’intégrité, l’honnêteté. « Quand ces principes sont en toi, tu n’as pas besoin de forcer », dit-elle simplement. Cette maturité précoce la fait parfois paraître “plus âgée” que son âge réel , une remarque qu’elle accueille avec humour et lucidité.

Ce n’était pourtant pas un rêve de petite fille. Même si elle participait à des concours de beauté dans son quartier, elle n’avait jamais imaginé Miss Côte d’Ivoire comme un projet d’avenir. Ce sont les encouragements répétés , presque du « harcèlement bienveillant », dit-elle en riant , qui finissent par la convaincre. « Je me suis dit : je ne perds rien à essayer. » Quelques mois plus tard, elle porte la couronne.

Étudiante en bachelor de finance dans une école anglo-saxonne, elle continue ses études en parallèle de ses engagements. « À l’université, tu n’es plus une personne lambda. On te regarde, on attend de toi l’exemple. Il faut montrer qu’au-delà de la beauté, il y a une tête bien faite. »
Mais cette notoriété apporte aussi son lot de jalousies et de critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Elle garde la tête haute. « Personne ne fait l’unanimité. Il faut un mental solide. »

Il faut montrer qu’au-delà de la beauté, il y a une tête bien faite.

La star de son école

Sa force, Marie-Emmanuelle la puise dans sa foi. « Ma foi m’apporte l’assurance et la paix. Elle est la clé de mon bonheur. » Ses mots détonnent dans un univers où l’apparence occupe souvent le devant de la scène, mais elle assume complètement ce contraste : c’est son équilibre.

Elle parle avec tendresse de sa petite sœur de 13 ans, “la star de son école”, qui rêve de lui ressembler. Et c’est peut-être là l’essentiel : devenir un modèle accessible, réaliste, inspirant, pour toutes les jeunes filles de Côte d’Ivoire, qu’elles viennent d’Abidjan, de Yopougon, du Centre, ou d’ailleurs.

Pour découvrir des confidences inédites de Marie-Emmanuelle Diamala, ses ambitions futures et les coulisses complètes de son parcours, retrouvez l’intégralité de l’entretien dans BRUNE Magazine.

 

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