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Miss Côte d’Ivoire ose le retour au naturel

MISS COTE D'IVOIRE

Le concours Miss Côte d’Ivoire 2025 rebat les cartes des standards esthétiques.

Et si la véritable audace aujourd’hui, c’était de s’afficher sans artifices ? Cette année, le concours Miss Côte d’Ivoire amorce un virage historique en interdisant l’usage de perruques, lace wigs et autres extensions synthétiques lors des phases préliminaires. Une décision qui fait débat mais qui marque une volonté forte : réconcilier les jeunes femmes avec leur beauté authentique.

ESTHÉTIQUE FAÇONNÉE PAR DES NORMES OCCIDENTALES

Victor Yapobi, président du comité d’organisation, a été clair :
« Avec des tresses ou les cheveux défrisés, peu importe, tant que ce sont leurs vrais cheveux. La beauté doit être brute. »
Derrière cette exigence se cache un engagement plus large, celui de rompre avec une esthétique façonnée par des normes occidentales, souvent au détriment de la santé et de l’estime de soi des femmes africaines.

femme avec couronne
LES SEINS REMODELÉS COMME DES OBUS.

Ce changement intervient dans un concours qui ne date pas d’hier. Créé en 1956 sous le nom de Miss Abidjan, il devient Miss Côte d’Ivoire en 1960, après l’indépendance du pays. Depuis, il est devenu un rendez-vous culturel majeur, à la croisée des regards traditionnels et contemporains sur la beauté noire. Pendant longtemps, il a été le vecteur de ces métamorphoses sans prendre conscience de leur impact, parfois négatif, sur les filles et les femmes. En effet, l’artifice est devenu la norme et non plus le naturel, avec une tendance à l’outrance pour ressembler aux modèles venus d’ailleurs. Cela a d’abord été les cheveux rallongés à force de tissages, le teint affadi grâce aux dépigmentants, le nez passé par les bistouris et les seins remodelés comme des obus. Certaines anciennes candidates n’ont pas hésité à remodeler leur visage ou leur corps pour coller aux standards « bimbo » popularisés par les réseaux sociaux et les concours américains et latino-américains. Si la transformation est parfois assumée, elle soulève des questions sur l’uniformisation des visages et la pression esthétique croissante chez les jeunes femmes.

femme noire avec couronne

UNE SOURCE DE DÉPENSES IMPORTANTES

Les perruques, omniprésentes en Afrique de l’Ouest, sont devenues une norme esthétique, mais aussi une source de dépenses importantes et parfois de souffrances invisibles : alopécie de traction, allergies, et dépenses sans cesse croissantes pour avoir la chevelure la plus lisse et la plus longue. Le tout entretenu par un marché très lucratif. Même constat pour la dépigmentation, encore très répandue, malgré ses effets dévastateurs : produits à base de mercure, corticoïdes ou hydroquinone, aux conséquences médicales graves.

CHIRURGIE ESTHÉTIQUE À TOUT VA

Mais le concours veut aussi prendre ses distances avec un autre phénomène : le recours croissant à la chirurgie esthétique. Nez redressés, poitrines augmentées, pommettes sculptées… Certaines anciennes candidates n’ont pas hésité à remodeler leur visage ou leur corps pour coller aux standards « bimbo » popularisés par les réseaux sociaux. Si la transformation est parfois assumée, elle soulève des questions sur l’uniformisation des visages et la pression esthétique croissante chez les jeunes femmes.
En réduisant les frais d’inscription à 35.000 FCA ( 50 euros environ)et en autorisant les candidatures jusqu’à 28 ans, le concours devient plus accessible. Et surtout, il envoie un message clair : la beauté n’a pas besoin modifiée pour exister. Ce changement de critères influera-t-il sur les autres comités africains ? Wait and see.

Rendez-vous fin juin à Abidjan. Le naturel devra y être, plus que jamais, souverain.

deux femmes avec couronne

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