Ce numéro d’été dresse encore une fois; le portrait d’une Afrique au féminin qui ne demande plus la permission d’exister ni de régner sur son avenir.
Le ton est donné d’emblée par Marie-Jeanne Serbin-Thomas : l’Afrique n’est plus à vendre, elle s’impose. Dans un éditorial, la fondatrice de BRUNE dénonce la captation de valeur qui sévit dans l’industrie de la mode. Alors que des motifs séculaires — du Faso Dan Fani au Kente en passant par le Bogolan et le Ndop — sont reproduits à la chaîne par des géants de l’habillement sans la moindre compensation pour leurs artisans, le magazine rappelle une urgence fondamentale : celle de structurer la création africaine, de maîtriser la chaîne de valeur et de garantir le contrôle économique de ses propres récits.
Cette quête de souveraineté trouve son ancrage dans un dossier central consacré à la finance et à l’investissement. Vingt ans après l’éclosion du Mobile Money, qui a offert une première liberté d’usage à des millions de femmes exclues du système bancaire classique, l’heure est au bilan. Pour Ali Badini, directeur général de Credit Access, l’enjeu s’est déplacé : il ne s’agit plus seulement de faciliter le dépannage au quotidien, mais de bâtir une véritable finance endogène. L’objectif ultime est d’accompagner les femmes vers la construction patrimoniale et le crédit d’investissement, seuls leviers capables de changer d’échelle. Un virage impératif, alors même que le magazine pointe les limites des mécanismes institutionnels actuels : l’initiative AFAWA de la Banque africaine de développement, censée mobiliser 5 milliards de dollars d’ici fin 2026 pour les PME féminines, a d’ores et déjà dû repousser son échéance à 2033 face à l’ampleur du déficit financier à combler.

Face à ces défis, BRUNE 112 met en lumière une génération de pionnières qui défient les vérités établies. C’est le cas d’Aminata Bineta Bibi Niang Diop, 26 ans, ingénieure diplômée de Télécom SudParis et passeuse de frontières technologiques, qui vient de fonder AXIUM Group à Dakar pour accompagner les entreprises dans la donnée, le cloud et la fintech. Sans complexe face aux algorithmes, elle résume sa philosophie par une formule percutante : « L’IA ne risque pas de te voler ton travail si tu sais t’en servir ». Au Gabon, c’est l’entrepreneuse Alida Prisca Ndong Aboghé qui fait du patrimoine bantois un luxe assumé, déclinant sa vision à travers trois tables réputées de Libreville, une ligne de mode et un grand projet d’écotourisme.
Le numéro prend également le pouls des grandes secousses culturelles et médiatiques qui traversent les diasporas. Du départ historique de Claudy Siar de RFI après trois décennies — réorientant son engagement vers New World TV au Togo et la présidence béninoise — à l’entrée triomphale d’Angélique Kidjo sur le Hollywood Walk of Fame, en passant par le sacre de Tina Knowles aux Gracie Awards et le succès du tube Pilé! de Mauvais Djo, les voix africaines résonnent avec une puissance inédite. Côté beauté, le magazine célèbre l’essor de l’A-Beauty et la structuration de filières équitables de karité ou de baobab au Burkina Faso, tout en soutenant l’audace de maisons comme Scent of Africa, qui fabrique et fait vieillir ses parfums au Ghana avant de conquérir Paris.

Entre la ferveur créative du Festival de la mode du Gabon (Femoga) où BRUNE, a également fret ses 35 ans, le récit poignant d’un silence familial brisé face aux addictions, et une escapade nocturne envoûtante sur l’île-mémoire de Gorée au Sénégal, le magazine BRUNE, vous livre ici 72 pages feuilleter et à lire.
#BRUNE112 est disponible sur ePresse.fr, Cafeyn.co et en très bientôt en kiosque.
Brune, la redaction