Quand septembre est là!

Francois Thomas
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Le calendrier a beau reprendre ses droits de Paris à Libreville, rien n’oblige à liquider la saison d’un coup. Il reste soixante-douze pages pour tenir encore un peu et à arriver en douceur en septembre: celles de BRUNE, 112, toujours en kiosque et en version numérique sur les plateformes de téléchargement presse payantes cafeyn.co, viapresse.fr. De quoi faire évoluer les choses en douceur.

Il y a ce moment, vers la fin du mois d’aout, où le quotidien change lentement  sans prévenir. Les to do list reviennent, les cartables ressortent, et avec eux ce réflexe un peu triste de tout classer : les photos, les sandales, la sensation d’avoir eu du temps devant soi. On solde la saison comme on solde un compte.

Rien n’oblige à ce zèle. Il existe une autre manière de finir l’été, plus lente et nettement plus profitable : faire ce que l’on a a faire sans être stressé… sans oublier de continuer à lire. Et à lire de ce qu’il ya dans BRUNE,112.

Il ya par exemple cet édito  que ‘j’aime beaucoup  à propos de cette Afrique ne se met plus en vente, elle s’impose. » La fondatrice et Directrice de BRUNE,  y démonte la captation de valeur qui gangrène l’industrie de la mode, où le Faso Dan Fani, le Kente, le Bogolan et le Ndop sont dupliqués à la chaîne par les géants de l’habillement sans qu’un franc ne revienne aux artisans qui en portent la mémoire. L’urgence, rappelle le magazine, tient en un mot : maîtriser la chaîne de valeur, donc le contrôle économique de ses propres récits. À quelques semaines  de la réouverture du théâtre des Fashion Weeks, autant y entrer averti.

Cette question de souveraineté s’incarne dans le dossier central, consacré à la finance. Vingt ans après l’éclosion du mobile money, l’heure est au bilan. Ali Badini, directeur général de Credit Access, déplace la question là où elle devient sérieuse : le téléphone a offert une première liberté d’usage à des millions de femmes tenues à l’écart des banques, mais le dépannage quotidien ne fait pas une économie. Il s’agit désormais de bâtir une finance endogène, de convertir ces flux en crédit d’investissement et en patrimoine. Le chiffre qui suit refroidit : l’initiative AFAWA de la Banque africaine de développement, censée mobiliser cinq milliards de dollars pour les PME féminines d’ici fin 2026, a déjà repoussé son échéance à 2033.

Contre ce décor, le numéro aligne des femmes qui n’attendent pas. Aminata Bineta Bibi Niang Diop, vingt-six ans, ingénieure formée à Télécom SudParis, vient de fonder AXIUM Group à Dakar pour accompagner les entreprises sur la donnée, le cloud et la fintech. Sa réponse à l’angoisse ambiante tient en une ligne : « L’IA ne risque pas de te voler ton travail si tu sais t’en servir. » À Libreville, Alida Prisca Ndong Aboghé fait du patrimoine bantou un luxe assumé, décliné en trois tables réputées, une ligne de mode et un projet d’écotourisme.

Le magazine prend aussi le pouls des secousses qui traversent les diasporas. Le départ de Claudy Siar de RFI après trois décennies d’antenne, l’étoile d’Angélique Kidjo scellée sur le Hollywood Walk of Fame, le sacre de Tina Knowles aux Gracie Awards, le tube Pilé ! de Mauvais Djo. Beaucoup de bruit, et pour une fois du bon.

Côté beauté, l’A-Beauty est prise au sérieux : structuration des filières équitables de karité et de baobab au Burkina Faso, et le pari de maisons comme Scent of Africa, qui fabrique et fait vieillir ses parfums au Ghana avant d’aller chercher Paris.

Reste ce qui garde le sable dans les pages. La ferveur du Festival de la mode du Gabon, où BRUNE, a fêté ses trente-cinq ans. Une escapade nocturne sur l’île-mémoire de Gorée, à l’heure où les visiteurs sont repartis et où le basalte rend sa chaleur. 

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